VISCERAL

Une heure de métal où sont mêlées, digérées puis régurgitées toutes les influences de Cénesthésie. Des riffs typés Metal/Hardcore, aux passages Sludge/Postcore, agrémentés de phrasés syncopés. Le tout couplé à quelques moments plus aériens où le combo prend le temps de poser ses ambiances.
La progression et la maturité de l'écriture m´nent à la cohérence des 11 titres qui composent VISCERAL.



Artwork Visceral

Chroniques

Metalland - janvier 2014 - lien

Avant de pouvoir écrire un avis sur le gang Bordelais CENESTHESIE, j'ai dû m'enquiller Viscéral un sacré paquet de fois. Plus que de coutume à vrai dire avec le tout venant du french metal. Il faut dire que les cinq compères n'ont pas rendu la chose facile, oeuvrant dans un hybride de math-metal froid, désincarné, et de hardcore un brin chaotique. Une dualité musicale qui ne se digère pas en deux coups de cuillère à pot, d'autant plus que le disque prend ses aises plus d'une heure durant. Et puis il y a cet étrange artwork qui brouille les pistes, à mille lieux des codes metal habituels. Rien qui ne laisse présager en tout cas du condensé de haine retranscrit dans le livret.
Mais CENESTHESIE joue avant tout sur le tableau de la maîtrise rythmique. Elle est à la fois dense et complexe, tout en conservant une certaine fluidité efficace des riffs pour ne pas perdre l'auditeur en cours de route, ainsi qu'une certaine sobriété de la formule instrumentale guitare/basse/batterie à mettre sur le compte d'une production propre et sans chichi. On sent le travail appliqué du Conkrete Studio de Mobo (ERYN NON DAE, JENX, OTARGOS), où le groupe a pu mettre en boîte son opus sereinement, et ce à domicile. De ce côté la réussite est assurée, indéniablement inscrite dans l'air du temps.
C'est plutôt du côté du chant qu'on est en droit de formuler quelques reproches. Le timbre vocal certifié hardcore de Jan, qu'on imagine du coup aller brailler chez des combos autrement plus punk dans l'attitude ( surtout au vu des lyrics assez crues développées ici), semble en effet avoir du mal à coller à l'aspect "intello" des compositions, à livrer une performance qui transcende les morceaux en ce sens. Résultat, sur une durée aussi conséquente, le disque s'avère très - trop - homogène et ne suscite qu'un enthousiasme modéré de l'auditeur à mesure qu'il déroule.
Si les clients de MESHUGGAH & Co risquent tout de même d'y trouver leur compte (et je n'ai pas boudé mon plaisir à maintes reprises), on imagine mal Viscéral dépasser le cadre restreint des initiés. Pourvu de qualités musicales indiscutables et plutôt intéressant dans le fond lorsqu'on a gratté la première couche, ce premier opus manque d'un je-ne-sais-quoi de sexy qui incite aux rotations répétées. A voir sur scène si l'avis peut être un peu plus nuancé...

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Metal Sickness - décembre 2013 - lien

Cénesthésie : "impression générale d'aise ou de malaise, résultant d'un ensemble de sensations provenant du corps à l'exclusion des données des appareils sensoriels", mais je m'égare à cause de monsieur Wiki... Cénesthésie n'est autre qu'une formation bordelaise de metal extrême formée en 2006 avec à leur actif deux EP sortis respectivement en 2008 ("Première Topique") et 2011 ("EP").
C'est donc leur premier album, "Viscéral", qu'ils viennent nous proposer. Et pourquoi ai-je donc pris les premiers instants de cette chronique pour définir cette sensation de "cénesthésie" ? Explications dans les quelques lignes qui suivent...
Dans un premier temps, définissons le style du quintet qu'ils caractérisent comme étant "moderne et rageur". Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça colle vraiment bien avec notre temps et l'appellation "moderne" : teinte de deathcore, djent, death metal et de prog. Pour ma part, j'entends du Protest The Hero, Strapping Young Lad, Xerath ou encore Tesseract. Le chant, en français, me fait penser aux gars de Tripod : brut de décoffrage et agressif.
Dès les premières secondes, on sait que ça va faire mal. Avec Mobo de Conkrete Studio aux manettes, la chose ne peut être autrement. Un son très organique, puissant et clair : première mandale. Le groupe parle de "maturité" toute justifiée avec des compositions travaillées et un jeu des musiciens poussé : deuxième mandale.
Le sens même de Cénesthésie colle avec sa musique : une ambiance dérangeante plane tout au long des morceaux. Un mélange efficace entre agressivité et passages aériens plus calmes qui aident à tenir l'album.
Malgré des influences évidentes, les bordelais ont vraiment leur patte. Peut-être trop ? Je m'explique : une certaine redondance peut s'installer au fil des titres. Même si sur l'aspect technique l'évolution est constante, l'ambiance reste peu changeante. Mais gardons à l'esprit qu'il faut prendre cet opus comme un album concept qui s'écoute du début à la fin sans interruption.
Au final, c'est comme si nous écoutions un morceau d'une heure divisé en chapitres. Il est donc normal que cette impression de redondance peut transparaître lors de l'écoute, notamment avec un chant guttural permanent.
Et puis on ne va pas commencer à critiquer quand un groupe réalise quelque chose qui lui est propre. Cénesthésie délivre au final un disque qui représente parfaitement son style avec une production appropriée à sa musique. Après l'album de la maturité, on attend l'album de la confirmation. Le metal français est décidément riche en groupes intéressants et de qualité. Pour les amateurs, c'est idéal sous le sapin si vous voulez mon avis...

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Nawak Posse - décembre 2013 - lien

Originaire de Bordeaux, CENESTHESIE a sorti son premier album " Visceral " le 11 Septembre 2013.
Une heure de métal où sont mêlées et digérées toutes les influences de CENESTHESIE. Des riffs typés Metalcore fleurtent avec un Mathcore groovy, le tout couplé à quelques moments plus aériens où le combo prend le temps de poser ses ambiances. La progression et la maturité de l'écriture mènent à la cohérence des 11 titres qui composent " Visceral ".
Fidèle à cette présentation jointe au press-book du combo, ce premier opus nous présente un quintet sur de son fait dans sa mise en place instrumentale à grand coup de rythmiques massives, de riffs tranchants et d'un chant en français.
Si l'ombre du géant MESHUGGAH est omniprésente tout au long de " Visceral ", le registre du combo est parsemé de passages plus ambiants (" Trève ", " En nos veines ") pour aérer le propos et éviter une monotonie stylistique " agressive ". Techniquement irréprochable, le seul bémol vient, peut être, du chant monocorde et linéaire un peu lassant sur la durée (plus de 60 minutes de musique tout de même...). L'emploi du français est à noter quoiqu'il en soit ce qui est très rare de nos jours et donc méritoire. A chacun de se faire son opinion concernant la pertinence de ce choix artistique... Un featuring du vocaliste d'ERLEN MEYER est aussi à noter pour un très bon " Acédie " et l'album est présenté dans un superbe didipack 3 volets avec un très beau livret.
Côté production, là aussi, rien n'a été laissé au hasard avec un enregistrement/mixage au Conkrete Studio (END, GOROD...) par El Mobo pour un rendu impeccable puissant et racé.
En définitive, un bon premier album qui aurait peut être gagné à être plus synthétique en terme de durée pour être plus percutant ? Quelque fois, le " trop quantitatif " peut altéré le qualitatif dans un style aussi homogène et puissant.

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Echoes & Dust - novembre 2013 - lien

I have many fond memories of France. I grew up in The Netherlands and my parents used to be teachers so they had long summer holidays. During most of my childhood these long holidays were spent on numerous campsites in various parts of France. And now I look back to those years and I think of lovely food, croissants, French fries, baguettes, cheese, picturesque villages, castles, lovely beaches, spectacular sea cliffs, le Tour de France and for some reason Orangina in its original bottle. During those years I never associated France with having a good musical climate. Much later I realised that I was wrong though and I started to discover French music, ranging from Noir Désir to Kickback to Gojira. The latter probably having singlehandedly put the progressive metal genre on the musical map of France.
Where am I going with this? Well, I got sent the new release by French technical progressive metal band Cénesthésie. Their latest release Visceral is not just good, it's actually amazingly good and it brings me back to those French campsites for some reason. Cénesthésie (meaning "common sensibility") comes from Bordeaux (lovely city by the way), and has a traditional 5 member line-up. Jan sings, Cédric and Thomas play guitar, Florent plays bass and Karol plays drums ("batterie" in French, which has a much more interesting tone to it!).
If you like Gojira, Dutch metal legends Textures or any progressive technical metal band then I recommend you to listen to Visceral. Actually, buy yourself a physical copy as the artwork by Migwel is pretty stunning. Just listen to those opening seconds of the first track 'Croisade' and be prepared to be completely blown away. At least I was! I actually repeated these first seconds a couple of times to get to grips with what is actually happening. A vast arsenal of technicality is thrown at the listener which is jaw-droppingly good. The style is unmistakably hitting the djent metal genre with chugging guitars, heavy riffing and drummer Karol instantly demonstrates his impressive and technical skills behind his batterie.
I don't think I've heard an album opener as impressive since I first listened to Sepultura's Chaos A.D. 20 years ago now.
This tornado of riffing, extreme technical drumming and aggressive, but quite clear grunting by vocalist Jan continues over the next two tracks 'Genese' and 'Traces'. Cénesthésie then takes a step back with 'Treve' which is sort of an intro track to the long 'Acedie', which is an impressive slow headbanger of a track.
'Crier Pour Survivre', which is divided in Part 1 and Part 2, throws you back into this technical whirlpool and again demonstrates the impressive technical skills these musicians are displaying here. 'En Nos Veines' is another quieter intermezzo on Visceral before the trio of 'Pour Seule Arme', 'Seul' and 'A Jamais' blast towards the end of this pretty impressive piece of work.
This album was recorded, mixed and mastered by Mobo at Conkrete Studio and it was the man himself who contacted me on Twitter about this album. I was already impressed with his recording work on Eryn Non Dae work ( we reviewed their latest album Meliora here) and Mobo did another amazing job mixing all the technical 'chaos' into a coherent sound with each instrument clearly present and never getting too chaotic or messy. Thank you Mobo for contacting me as I think I have another contender for my Album of the Year list here.
Progressive metalheads unite! Get yourself a copy of Cénesthésie's Visceral. French progressive metal is not all about Gojira and more and more bands emerge out of Gojira's shadow to show the world that the French metal scene is alive and kicking!

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Radio Metal Head - novembre 2013 - 8/10 - lien

Originaire de Bordeaux et se composant de cinq musiciens, Cenesthesie s'oriente vers un Metal Hardcore parfois Death aux frontières prog et experimentales, la musique de ce groupe se veut variée et riche.Des titres ultra puissants et trés techniques.La voix aux multiples facettes nous en met plein la figure et les riffs lourds donnent une gande puissance à leurs compos. On notera quelques passages un peu plus calmes, bien calculés qui nous permettent des petits repis avant de repartir de plus belle.Un bon mélange donc dans cette album de qualité, rien à dire sur la production ,tout est bon !!! Un groupe tres pro !

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Rock'n Reel Review - octobre 2013 - 4,5/5 - lien

So the French are at it again and when I mean "at it" I mean ushering a wave of metal bands that are f**king awesome and this mob aren't any different. "Cénesthésie" are from Bordeaux, hence the French element, and their new album "Visceral" is why they are being referred to as awesome, but then if it's French, Belgian or from Luxembourg it will normally find its way to my desk and I will be undoubtedly impressed.
Now for the schooling; Cénesthésie, which in English is "Cenethesia", and is pronounced "ce-nes-the-sia", which refers to the aggregate of impressions arising from organic sensations that forms the basis of one's awareness of body or bodily state, as the feeling of health, vigour, or lethargy; a term of Psychology and will give you a healthy understanding of what direction this band is taking, stylistically and musically.
Now, normally, one might use other bands as a sound reference to give you an idea of what style this band have going on and to say that has been a bit of a challenge, is an understatement but I will give it a go, but they have been pegged in France as "Whimsical Metal". Think "Norma Jean", "Converge", "Every Time I Die" and "The Psyke Project" all rolled in to one and add some metal progression and you'll be nearly have what these guys are similar to. In fact, if you like any of the aforementioned bands then you will love this band. Heavy, rhythmic, creative and stylistically fresh that gives you an opportunity to be absorbed by their project; it's a monolithic project at that and I believe this band will hit the scene on a more mainstream level, with a bang. Although it might be fair to say this isn't mainstream music and will be appreciated on a greater scale, underground, if that makes sense.
Song writing, production and ability are awesome and deserve their place amongst some of the main hitters out there. The guitars and drums are so tight and complementary of each other, that it is a sheer pleasure to listen to it. The whole album has this organic sound to it, rough yet expertly produced to give a balanced sound throughout. Heavy guitars cut in and out like a scalpel through tight flesh, the bass is solid and has a great singular sound when the floor opens to his own parts; the drummer should be commended for his full understanding of mathematical rhythm and adding a certain glue that keeps everybody together. Couple this with clean guitars that alternate the sound and give dimension to cleverly written songs, you are spoiled for a tight album with eleven bouncing tracks. My only gripe and it is one that is slowly being ignored, is the vocals and it's not that they are bad; I feel they don't suit the overall sound. That probably sounds weird, but I would have liked a heavier sounding vocal, a more committed sound rather than a forced guttural, vocal shout. But we can't have it all ways, and I look past this to enjoy the overall sound of an excellent and entertaining album.

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VS Webzine - octobre 2013 - 15/20 - lien

Bordeaux n'est pas seulement la ville d'Alain Juppé. Bordeaux - et sa région - est aussi connue pour son pinard et compte une bonne flopée de groupes metal. On peut facilement citer OTARGOS, GOROD, ou plus récemment SIMPLICITY, pour faire court, mais la preuve est que cette ville dispose d'une forte concentration de formations intéressantes, et de qualité. CENESTHESIE, qui se traduit du Grec ancien par "sensibilité commune", débarque avec son premier album, et ne vient en aucun cas ternir toute l'éloge que je viens de balancer sur leur bled. Non. Car après une démo datant de 2008 et un EP sorti en 2011, CENESTHESIE vient ajouter sa pierre à l'édifice en balançant un premier opus foutrement efficace.
Eux, leur truc, c'est un terrible mix entre post-hardcore, djent, death, et math-core sa race. C'est sombre, violent, lourd, idéal pour te faire fermer ton claque merde si tu oses balancer que la journée a bien commencé. Avec "Visceral" CENESTHESIE réussit à créer une ambiance foutrement puissante et menaçante. La construction des riffs décousus, balancés sur des rythmes lourds et perçants, transforme les 11 titres de l'album en instant viscéral. Le chant, bien énervé - quoiqu'un peu trop étouffé - amène une couche de plus au sentiment haineux de "Visceral" en déclamant des lyrics violentes et emplies de rage.
Résolument vénère, la musique de CENESTHESIE reste cependant cohérente et se construit sous de multiples facettes. La fureur du death côtoie sans soucis le riffing barré du djent en empruntant l'écrasante lourdeur du post-hardcore pour un résultat fort en chocolat qui laisse pas mal de séquelles. Durant quasiment 1h pilepoil, nos cinq Bordelais s'en donnent à cœur sur les 11 morceaux de "Visceral" et nous offrent une bonne démonstration de violence maîtrisée. Une violence qui laisse souvent la place à des instants plus ambiancés, mais baignant tout de même dans un style lourd et oppressant qui ne déroge pas au le fil conducteur de l'album.
On peut chipoter sur la longueur de certains titres, qui avoisinent les 7 à 8 minutes au compteur (pour ce style c'est un chouilla long je trouve), mais quand bien même, hormis ce cap dur à digérer, "Visceral" passe impeccablement bien. Le coté mathcore - bien présent - ne casse pas trop la tête (et ça, c'est bien) privilégiant plus l'aspect percutant du style et misant bien plus sur une dynamique lourde et sauvage pour rendre les morceaux directs et vicelards.
CENESTHESIE marque un bon point avec cette première galette riche en haine et en violence. Difficile à s'enfourner les première fois, "Visceral" s'impose comme un premier album riche et intéressant. Un bon sens de la composition et une technique impeccable lui apporte une touche résolument froide qui s'accommode parfaitement à l'aura des compos. Avec un bon quart d'heure en moins, sûr et certain que "Visceral" aurait gagné en mordant et en intensité.

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French Metal - Août 2013 - 16,5/20 - lien

Dans la famille des groupes métalliques inclassables mais terriblement bandants j´aimerais le petit dernier : Cénesthésie. Oscillant avec bonheur dans un registre death metal puissant technique et se rapprochant dans certains passages des Toulousains de Eryn Non Dae., Cénesthésie envoie vraiment du gros son pour cet album.

Techniques, les passages s´enchaînent avec des structures qui, de temps en temps, s´apparentent véritablement a du funambulisme métallique. Superbe ! Une basse assez hors du commun, produisant des lignes qui, imperceptibles au premier abord, se rév´lent être, en y prêtant l´oreille, de véritables petites perles indispensables à chaque morceau du groupe, et un chant en français puissant, possédé, avec une constance et une tessiture rare. Cénesthésie ne fait pas dans la demi-mesure avec un double environnement : des parties musicales lancinantes, et d´autres ultra violentes agissant tels des rouleaux compresseurs. Petite particularité pour Cénesthésie, le chant est français comme on le disait, ce qui est assez rare pour être souligné. Cénesthésie n´est pas un groupe à avoir des codes précis ou une frange et mouvance musicale précise, les Bordelais s´affranchissent des codes et ne se raccrochent à aucun style, prenant le meilleur de chaque ; véritablement dans un style similaire à Eryn Non Dae. et cet univers sombre, décomposé, possédé et possédant. Au fur et à mesure des morceaux, on se trouve happé par l´univers du groupe, mis en valeur par une production propre, puissante, à la hauteur, simple et efficace signée du Conkrete Studio. Cénesthésie se veut résolument moderne avec ce premier album. Non pas un thrash speed suédois avec une production trop "clinique" mais un metal à la fois lent par instants, avec des mélodies et des parties douceureuses, puis une alternance d´instants tr´s thrash, puissants et violents. Les instrumentales de guitares accordées tr´s bas, renforcées par une basse omniprésente et une batterie venant parfaitement compléter l´ensemble, viennent servir de base à un chant ne se classant dans aucun style, pas totalement growlé, pas totalement saturé, mid tempo et dans un style peu commun renforçant cet aspect découverte d´un groupe qui alterne grosses rythmiques, passages plus calmes, passages mélodiques, tapping et autres joyeusetés.

Cénesthésie nous livre là un album vraiment superbe, impressionnant de maîtrise et de technique. Une production parfaite pour ce genre de musique, avec un album mature à souhait, il sera véritablement difficile pour le groupe de faire mieux tellement la barre est mise haut... Reste l´épreuve du live qui se doit d´être une expérience bluffante, l´avenir du metal français est assuré.

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Spirit of Metal - Septembre 2013 - 14/20 - lien

Déjà forts de plus de sept ans de cohabitation musicale, de deux eps et de nombreuses dates tout autour de l´hexagone, les frenchies de Cenesthesie (terme ambigu qui désigne la sensation interne et impalpable de son existence) sortent leur premier full-length en cette année 2013, sous l'appellation accrocheuse de "Viscéral". Apr´s un enregistrement studio rapide et fructueux, le groupe accouche de son album, auto-produit, accompagné d´un packaging pour le moins impressionnant, mise en bouche astucieuse avant de consommer le produit.

Il est difficile de délimiter un carcan musical pour qualifier les compositions de Cenesthesie: bien qu´inspirés par le math-metal, les Français déploient une musique aux multiples influences, sorte de metal moderne touche-à-tout, qui se définit par lui-même d´avantage que par un genre déjà existant. Bien que sans attaches particuli´res, Cenesthesie font preuve d´une aisance incroyable dans l´enchaînement technique de leur musique, à l´instar d´un jeu de batterie minutieux et intelligemment découpé, qui nous assaillit d´s "Croisade" et que l´on retrouve avec la même agilité sur "Crier pour surivre (part 1)" ou "Gen´se". Impossible de ne pas rattacher cela à la polyrythmie pratiquée par le groupe, non sans rappeler certaines sonorités "djent", dont la décomposition introductive amorcée sur "Traces" et la mathématisation crescendo (et diablement oppressante) pratiquée lors de "Acédie". Mixage et production sont également d´une précision bluffante et permettent un agencement audible de la densité musicale proposée ici, notamment au niveau de la basse, bien intégrée en arri´re-plan, dictant la lourde cadence des titres.

Si l´on sera parfois tenté de rapprocher Cenesthesie de groupes comme Meshuggah ou The Dillinger Escape Plan, force est de constater que les Français font tout pour s´enfermer dans un monde bien particulier, d´avantage salissant et noirci, parcouru par une mélancolie fiévreuse et glauque. Cela débute par les paroles (en français, s´il vous plaît), imprégnés d´un pessimisme latente, descriptions pestilentielles qui mettent en abyme l´humain et les défauts de son esp´ce: des titres comme "Seul" ou "Gen´se" sont de véritables écrits infernaux, d´autant plus éloquents qu´ils évoquent ces réalités tabous que l´on ose rarement contempler de front. Des écrits percutants et bien formés, chose assez rare pour être soulignée. En outre, Cenesthesie agrémentent leur ambiance claustrophobique au moyen de la symbiose artistique qui les animent; ainsi, la dichotomie des tempos sur "A jamais" est à même de bousculer l´auditeur dans son écoute, pendant que l´interlude "En nos veines" inqui´te de par son aspect de messe rituelle. Enfin, le groove tuméfiant d´un "Acédie" en fin de morceau délivre son lot de haine et d´horreur, parfaite illustration d´un album qui n´hésite pas à aller chercher le public dans ses moindres retranchements.

Le chant de Jan mérite d´être cité: voix lourde et caverneuse, qui s´inscrit à merveille dans l´ensemble instrumental, et qui ne ressemble à aucun autre type de chant. Encore une fois, ceci marque la volonté de Cenesthesie de s´inscrire dans une perspective identitaire personnelle, défi relevé ici. La tonalité de l´album, tr´s angoissante, est respectée et il faut avouer que le projet délivré par les Français est d´une cohérence rare pour un premier essai: on est en phase musicalement et thématiquement, l´ambiance froide se mêlant à la rythmique débridée, aux sonorités modernes et aux transitions, même les plus éclaircies. Vous l´aurez compris, "Viscéral" est cohésif comme peu de premiers albums le sont.

Attention néanmoins que cette cohésion ne devienne pas une excuse pour s´embourber dans un monolithisme aride: en effet, ce "Viscéral", aux nombreuses qualités, peut sembler difficile à assimiler sur le long terme. Au détour d´une heure d´écoute, la musique de Cenesthesie, exigeante car tr´s dense, montre quelques soucis de diversification car elle reste tout le temps sur la même ligne artistique; plus on s´enfonce dans leur univers, plus le manque de pluralité se fait ressentir. Un manque de pluralité uniquement comblé par les interludes instrumentales ("Trêves", "En nos veines") ou par quelques petits passages plus disparates (on se réjouit de la sonorité plus -core de "Pour Seule Arme" par exemple). Car même si la symbiose frôle la perfection, une recette ne fait effet qu´un temps, raison pour laquelle on aurait souhaité que ce "Viscéral" exploite d´autres pistes: on regrette notamment la relative absence de solos ou de tentatives d´approche plus catchy... Le risque majeur serait de pratiquer une musique trop hermétique pour que l´auditeur puisse s´y identifier.

Cependant, bouder son plaisir à l´arrivée serait faire preuve de mauvaise foi. Pour son premier test grandeur nature, Cenesthesie nous font part d´une œuvre compl´te et techniquement irréprochable, à l´identité réelle et à l´indépendance salvatrice. Espérons seulement que, par la suite, la quintette saura apporter une certaine diversité à ses compositions, pour que l´immersion, déjà réussie, n´en devienne que plus intense et passionnée...

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Vacarm - Septembre 2013 - lien

Eryn Non Dae., lors d'une rencontre au Hellfest, avait cité Arkhon Infaustus en disant que Gojira avait récemment ouvert la voie, qu'il appartenait à la sc´ne française de pousser un peu plus fort. C'est peut-être en partie pour cela que depuis quelques temps, l'effervescence des plateaux de metal français font l'objet d'une convoitise grandissante aussi bien dans notre territoire qu'à l'étranger.

Cenesthesie n'en dérogera probablement pas à la r´gle. Avec l'arrivée de Viscéral , les bordelais se permettent d'y mettre leur grain de sel à cette sc´ne française, à l'identité de plus en plus forte. Cenesthésie fait partie de ces groupes difficilement classables, sans ressembler à qui que ce soit, sans en faire une musique extraterrestre. A l'instar de Gojira, Hypno5e, Eryn Non Dae., Haut&Court, Regarde les Hommes Tomber, Klone, Hacride et j'en passe, la musique de  Cenesthésie est elle aussi  le fruit de multiples influences, qui forment naturellement, presque spontanément un tout, sans que l'on arrive à l'expliquer, c'est comme ça. Des influences extrêmement bien mariées à tel point qu'aucune piste  ne sonnent comme une abusive composition à tiroirs. Il s'agit bien-là, et je suis peut-être trop enthousiaste mais en tout cas fier de le dire haut et fort, de notre marque nationale. Pour eux, ce sera des riffs de bon death quelque peu ralentis, alourdis par la batterie finement haineuse de Karol Dierse, par le cru du (post ?) hardcore dégagé par le chant combatif de Jan Cresseveur. Un mixage sans aucune superficialité qui saura, à l'heure des hyperproductions, coller avec perfection avec le nom de la formation. De cette ambiance personnelle et post-apocalyptique qui lorgne les transitions, difficile de décrire avec une grande précision les sensations qui parcourent notre esprit à l'écoute de Viscéral. On y ressent juste du bon, du tr´s bon.  Viscéral  sonne comme un enfant sauvage sociopathe. Froid et efficace, il saura nous plonger dans une ambiance aussi violente que lugubre. Viscéral, c'est l'intérieur du metal extreme.

Ah oui, le petit plus : le chant est en français. Je peux comprendre certaines réticences à l'issue de cette annonce, mais la musique globale n'étant pas portée exclusivement sur cette petite originalité (que je salue d'ailleurs), ça passera même pour les plus dubitatifs. La voix coreuse se mélange parfaitement avec l'ensemble et n'essaye en rien de se démarquer des instrus. Le chant est dirigé à tel point qu'on ne discerne même pas la langue utilisée d´s le début. Ce qui m'a mis sur la voix, ce sont ses sonorités moins coulantes, plus dures que l'anglais, apporte une touche percutante à une musique déjà... viscérale. Et puis apr´s j'ai regardé les paroles, j'ai eu confirmation.

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Metalorgie - Septembre 2013 - 13/20 - lien

Rembobinage :Cenesthesie sort un premier EP  Premi´re Topique en 2008, suivi par une nouvelle galette 3 ans apr´s. On tapait à l´époque dans un Métal de bonne facture, avec ses quelques défauts mais pour un résultat tout à fait honorable. Retour à la réalité avec Visceral, le nouveau-né du quintet.
De subtilité, il n´est clairement pas question : Cenesthesie mart´le ("Traces") avec la poésie d´un combat de Fight Club. Echanges de coups, direct du droit, crochet du gauche et "Acedie" assomme déjà son adversaire d´s le 5´me titre. Tout est fait pour que rien ne résiste : succession de riffs lourds, batterie réglée au millim´tre pr´s et chant ne ployant jamais sur les mots tenus dans la longueur. En résumé : carré, calculé, avec une prod monolithique, Cenesthesie a tout planifié dans les moindres détails (le dyptique "Crier pour Survivre").

Pas de doutes, pas de fausse violence, Cenesthesie   Visceral  comme d´un exhutoire musical et stylistique, mais se perd dans son propre jeu. Difficile de ne pas décrocher au bout d´un temps certain, d´arriver à rester concentré jusqu´aux derni´res secondes de "A Jamais" si on cherche une bouffée d´air frais. Avec son monde sombre, le combo risque de s´enliser sur les 60 (parfois trop longues) minutes de  Visceral. Heureusement que les interludes ("En nos Veines") viennent atténuer le côté "Pavé massif" qui n´aurait fait qu´altérer le ressenti de ce premier album. Efficace, trop même, a un tel point que le groupe s´engouffre dans un pi´ge trop prévisible : savoir doser avec justesse.

Cenesthesie a mis les petits plats dans les grands. On tape dans un métal frontal et direct. Pas de fioritures,  Visceral  a autant de subtilité qu´Hatebreed, avec toutefois ses écueils : ca racle le fond de la gorge mais cela peut vite devenir trop redondant. Apr´s, cela dépend de ce que l´on peut attendre de cet album : passer un bon moment défoulant ou se laisser porter par de multiples couches de lectures. Si c´est la premi´re possibilité, vous serez servis.

Pavillon 666 - Septembre 2013 - 8,5/10 - lien

Apr´s la parution de deux EP "Premiere Topique" en 2008 puis "Cenesthesie" en 2011, les cinq musiciens bordelais dévoilent leur premier album "Visceral". Pour mémoire, le groupe est composé de (chant), Cédric Rousseau et Thomas Lambottin (guitares), Florent Falconnier (basse) et Karol Diers (batterie). La musique de Cénesthésie est orientée death metal technique. A l´instar du titre de l´opus, ils semblent que la formation a puisé au plus profond des membres pour composer puis restituer toutes l´énergie et la puissance contenues dans les 11 morceaux constituants l´album.

Avant d´ouvrir les hostilités, il est recommandé de prendre son souffle car le groupe part en "Croisade". Le titre propose des riffs lourds et une rythmique assortie, l´ambiance ne faiblie à aucun moment. "Gen´se" conserve la ligne directrice engagée, la composition mélange death et accalmie prog / jazz, du plus bel effet. A noter que ce type de break va venir s´introduire dans de nombreux titres faisant en quelque sorte la marque de fabrique de Cénesthésie et permettant de mettre en avant les capacités de compositions, d´arrangements des musiciens mais aussi leur qualité technique et connaissance de l´instrument. "Traces", ce titre en laisse par le travail d´arrangement réalisé. La basse y est cinglante, les guitares sont puissantes et ravageuses accompagnées en second plan de ligne musicale à l´opposée des riffs principaux. Afin de reprendre nos esprits, il est temps de s´accorder une "Tr´ve" instrumentale douce et mélodieuse. "Acédie" est une dépression spirituelle, il n´en est point durant le morceau. Le titre reprend les éléments utilisés par la formation, ambiance death et break oppressant. La pi´ce majeure de "Visceral" arrive avec "Crier pour survivre (part 1) et (part 2)", la composition est découpée en deux parties, elle débute par une rythmique rentre-dedans, les musiciens bastonnent à nouveau puis vient se loger un long break calme faisant le lien entre les deux morceaux. Avant le retour de la force, le pont permet à Florent Falconnier de s´évader dans le milieu jazz, un régal. De nouveau une pause auditive, "En nos veines" est un th´me calme démontrant que les bordelais poss´dent tous un parcours musical respectable, un bon niveau technique en eux. Retour au death mais cette fois-ci de mani´re alambiquée avec "Pour Seule Arme" ou "Seul". L´album se termine avec "A Jamais", la composition débute par une ambiance calme et posée servie par des arp´ges de guitares avant d´aspirer toute l´énergie qui reste dans les veines de membres du groupe.

"Cénesthésie" prouve avec cet album que chaque musicien manie avec aisance et maîtrise technique son instrument. Karol Diers mart´le ou titille son kit selon l´instant, Florent Falconnier effectue un travail remarquable, Cédric Rousseau et Thomas Lambottin usent de riffs puissants, percutants. Le duo reste un peu discret au niveau des soli. Jan Cresseveur chante en français, fait rare qu´il faut souligner, ses parties vocales sont lourde et ténébreuse. La production de ce premier essai est propre, précise permettant d´apprécier chaque instrument à sa juste valeur, idem pour la voix.

En conclusion, "Visceral" est un premier sujet tout à fait respectable et intéressant qui mérite d´être écouté et réécouté. Le travail de composition, la qualité technique, la maîtrise sont impressionnants, de même pour le soin apporté au packaging. Les musiciens ont réussi à créer leur propre identité, ils mettent la barre assez haute et devront confirmer pour leur second album. L´épreuve de la sc´ne devrait être tout aussi passionnante.

Ne passez pas à côté !

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The Musical Melting Pot - Aout 2013 - lien

This album is pure, unadulterated brutality. Clinical in its precision and airtight in its execution, it is nothing less than the metal world’s warped and twisted essence distilled into eleven harsh and unforgiving tracks. Absolutely not for the weak-hearted. European metal at its most direct and aggressive. An acquired taste (and, admittedly, one that I have yet to fully acquire myself), Visceral is nonetheless likely to be a wet dream come true for die-hard metalheads.

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Live Video - ACEDIE

Official Clip - CROISADE

Live Teaser - Cenesthesie

Teaser Sortie - VISCERAL